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Comment peut-on être Européen ?

La résistance venue de Russie

Livres, Politique

Le Forum Civique Européen s’est réuni fin mars en Mecklembourg-Poméranie occidentale. Parmi ces jeunes Européennes et Européens se trouvaient des Russes d’Autriche, de France, des Pays-Bas et d’Allemagne, qui s’organisent pour résister au gouvernement actuel. Le Forum Civique Européen a été fondé en 2005 à Strasbourg, dans les locaux du Conseil de l’Europe à l’initiative de la Ligue de l’enseignement. Une centaine d’organisations de tous les pays européens, dans et hors UE, y participent pour défendre et illustrer la citoyenneté, les droits humains, la démocratie. Nous reviendrons sur son histoire et ses activités actuelles.

Constanze Warta et Claude Braun, animateurs du Forum Civique Européen, ont publié 15 juin dans son magazine « Archipel 359 » un article sur les jeunes Russes résistants. En voici le début et le lien vers la version intégrale.

Commençons par Lölja Nordic, qui étudie à Vienne. Elle milite depuis plusieurs années au sein de FAR – Feminist Anti-War Resistance. L’organisation est active depuis quatre ans, a vu le jour sous la forme d’un groupe de discussion sur Signal et rassemble des collectifs féministes de différentes régions de Russie et de l’étranger. Au début, elles se concentraient sur les manifestations de rue, mais iels les ont perdu de leur élan face à une répression trop forte et se sont vues contraintes de passer dans la clandestinité: de là, elles ont publié des journaux anti-guerre (qui ressemblent souvent à des journaux locaux), imprimés chez elles et distribués dans la rue. Il est important de savoir que tous les médias indépendants sont bloqués par le gouvernement. Malgré le risque d’être arrêté·es, iels ont également utilisé l’espace public pour distribuer des tracts et des autocollants anti-guerre.

De plus, iels ont établi une présence sur les réseaux sociaux. Iels y abordent notamment les questions de genre et la guerre. Parallèlement, est entamée une collaboration avec les mères ou les épouses d’hommes partis à la guerre, blessés ou décédés. Afin de faciliter le retour des soldats chez eux. Iels essaient également d’établir des contacts avec des cercles de déserteurs, en mettant là aussi l’accent sur les prisonnier·es issus de milieux féministes ou queer. Iels sont en train de mettre en place un réseau de militant·es pour accueillir les personnes déplacées ukrainiennes.

Iels sont également très actives sur les questions liées à l’avortement – un sujet d’autant plus crucial aujourd’hui que, en cette période de guerre, le gouvernement souhaite que les femmes donnent naissance à de futurs soldats. De nombreuses régions imposent des restrictions strictes à l’accès aux soins de santé reproductive: services d’information sur le planning familial, la contraception et l’avortement. Le cadre juridique de la Fédération de Russie s’applique également aux territoires ukrainiens occupés par la Russie. La violence sexuelle est également un sujet très important en raison des répercussions de la guerre sur les droits et la sécurité des femmes. Les groupes du FAR se considèrent comme des groupes féministes et non comme des groupes de femmes. Pour des raisons de sécurité, Lölja ne peut pas parler du nombre de groupes ou de membres, mais il existe des cellules dans tout le pays. Il y a de nombreuses questions sur lesquelles elle ne peut pas s’exprimer publiquement.

Elle mène de nombreuses actions de collecte de fonds sur les réseaux sociaux. En exil, elle s’investit davantage dans des activités publiques. Elle a fui la Russie le 22 mars après avoir été accusée de terrorisme en raison de ses activités féministes. Il existe des groupes actifs dans 15 pays différents; elle est responsable pour ceux d’Autriche. Les groupes en exil sont en contact régulier avec ceux qui sont actifs en Russie. Une tâche essentielle consiste à expliquer le danger et la nature du fascisme russe. Le danger que représente une victoire de la Russie pour le monde entier et le renforcement du fascisme qui en découle. À cela s’ajoute bien sûr la question des combustibles fossiles russes.

Lölja aborde également le conflit avec les milieux antimilitaristes d’Europe occidentale. Le FAR plaide en faveur de la légitime défense ukrainienne. Il défend le soutien à l’armée ukrainienne. Le refus de soutenir la défense ukrainienne, qui prévaut dans certains milieux de gauche, conduit souvent à un abandon total de toute solidarité avec la population ukrainienne. Il existe de nombreuses façons de soutenir l’Ukraine – au-delà des questions purement militaires, par exemple en renforçant la société civile. Lölja estime que la propagande russe a diffusé beaucoup de désinformation et créé des narratifs qui, malheureusement, prédominent dans les milieux de gauche occidentaux…
La suite de l’article de Constanze Warta et Claude Braun présente les actions d’autres jeunes Russes : Lidija,Nadja,Vanya…
Lölja Nordic est active sur les réseaux sociaux. Il est possible de la soutenir en s’abonnant à son compte sur Instagram
Sur la Russie, André Markowicz, traducteur, de poète et d’éditeur de plusieurs centaines d’ouvrages russes, est l’auteur d’un texte publié sur le présent site « La lumière tchekhovienne de l’Ukraine » 

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