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Comment peut-on être Européen ?

Canada – Europe. Les affinités électives.

Actions, Politique

Une alliance pour l’avenir est désormais en construction entre le Canada et l’Union européenne. Sa popularité immédiate des deux côtés de l’Atlantique est une de ses caractéristiques. Les citoyennes et citoyens d’Europe que nous sommes se doivent de se mobiliser dans cette nouvelle aventure. Ce projet à la fois inédit et ambitieux pose de nombreuses questions économiques, géopolitiques, culturelles…

Sur quelles bases repose cette alliance ? Elles ont été exposées par la présidente de la Commission européenne et le premier ministre du Canada devant le Parlement européen à strasbourg les 16 et 17 septembre. Grâce à l’excellent site « Le Grand Continent » nous disposons du texte intégral de leurs deux points de vue. Ursula von der Leyen a donné le 16 septembre à Strasbourg son discours sur l’état de l’Union. Elle se place sous les auspices de la littérature avec une phrase de Charles Dickens : « C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps ». Et explicite cette citation : « Notre Union n’a jamais été aussi forte. Mais notre Union peut aussi sembler plus précaire que jamais ». Sur ce paradoxe, elle énumère les défis politiques et économiques auxquels nous devons faire face. Puis elle propose que le Canada devienne le premier « membre associé de l’Union européenne ». « C’est donc volontairement que nous unissons nos forces. Nous passerons de l’AECG (L’Accord économique et commercial global existant) à une alliance pour l’avenir afin de créer un espace commun de prospérité et de sécurité économique. Nous travaillerons sur la fabrication intelligente. Nous créerons une alliance technologique. Nous intégrerons des bases industrielles de défense. Nous ferons de l’Arctique un projet phare commun. Nous travaillerons sur l’énergie, les minéraux critiques et les batteries. Ainsi que l’IA, le quantique, la cybersécurité et la sécurité économique » .

Mark Carney répond le lendemain à cette proposition d’alliance stratégique transatlantique. Lui aussi donne une dimension culturelle à cet échange en citant Goethe « Celui-là seul est digne de la liberté qui chaque jour doit la conquérir ». Il reprend le titre de l’ouvrage le plus subtil du romancier allemand « Les affinités électives ». Et il affirme : « Aujourd’hui, la souveraineté va au-delà de la simple capacité à nous nourrir, à nous approvisionner en carburant et à nous défendre… Le Canada et l’Union européenne doivent garantir leur autonomie stratégique grâce à une coopération approfondie dans l’ensemble des capacités stratégiques, notamment les minéraux critiques, la capacité industrielle de défense, l’intelligence artificielle et le calcul, la sécurité énergétique, l’espace et les paiements ». Il évoque la question décisive de l’Arctique et conclut ainsi : « Approfondissons maintenant ces racines, élargissons cette canopée et faisons pousser une forêt transatlantique sous laquelle nos citoyens pourront s’épanouir en tant que personnes libres sur une terre libre ».

Une conclusion mobilisatrice…

Les deux images d’illustration ont été publiées par « Other Europe » qui combat vaillamment la politique de Donald Trump. Merci à eux.

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